triathlon ...

Scott Tinley

Les prémices


En France se déroulent au début du XXe siècle (vers 1920) ce qui peut être considéré comme les premières compétitions de triathlon. En effet sur les bords de Marne à Joinville-le-Pont, en banlieue parisienne, « les Trois Sports », c'est le nom de ces épreuves, ont lieu les dimanches d'été. La natation est souvent remplacée par le canotage. La convivialité et l'esprit sportif font de ces épreuves un rendez-vous des amateurs d'efforts combinés. Au début des années 1940 apparaissent à Poissy toujours en banlieue parisienne, des triathlons appelés « Course des Débrouillards » puis « Course des touche à tout ». Le manque d'ambition, malgré la bonne humeur, entraîne la disparition de ces épreuves.
En 1934, la course des trois sports est à La Rochelle le moment le plus insolite de l'année. Il s'agit de traverser le chenal à la nage soit environ 200 mètres, de parcourir dix kilomètres à bicyclette, du port de la Rochelle au parc de Laleu, quartier situé plus au nord, et enfin d'avaler trois tours de piste en courant, soit 1 200 mètres sur le stade André-Barbeau.

Les débuts

Il faut attendre mai 1974 pour voir réapparaître aux États-Unis le premier triathlon moderne, il a été réalisé et conçu par Jack Johnstone et Don Shanahan et parrainé par le San Diego Track Club à Fiesta Island près de San Diego en Californie. Sur une distance de 450 mètres en natation, 8 kilomètres à vélo et 8  kilomètres en course à pied s'affrontent des Californiens adeptes d'une culture basée sur le multi-sport et le fitness.
Mais le grand « Big-Bang » du triathlon viendra d'Hawaï. En 1977 John Collins, Capitaine de Vaisseau vétéran de l'US Navy, propose d'enchaîner trois épreuves parmi les plus dures d'Hawaï : la Waikiki Rough Water Swim (3,824 km de natation), l'Around Oahu Bike Race (179  km de vélo) et le Marathon d'Honolulu (42,195  km de course à pied). Le 18 février 1978, quinze candidats s'élancent dans cette folle aventure pour le titre « Ironman » (homme de fer). Le premier à franchir la ligne d'arrivée fut Gordon Haller en 11 h 46 min 58 s. Ils seront douze à terminer l'épreuve.
Franchissant l'Atlantique, cette discipline révolutionnaire conquiert l'Europe du Nord (Pays-Bas, Belgique, Allemagne de l'Ouest) en 1981. Cette vague sportive s'étend à la France, plus précisément par la Côte d'Azur avec Nice en 1982. Les images « choc » produites par Antenne 2  révèlent ce sport au grand public. Certains inconditionnels des activités traditionnelles crient « aux fous », mais ces sportifs vont créer de nouveaux adeptes. Le triathlon rompt avec les habitudes, l'enchaînement de ses trois composantes va à l'encontre de toute logique physiologique. En fait, il sort des « sentiers battus » que sont les stades et les piscines et porte un label qui peut paraître mythique : « made in U.S.A. ».

La reconnaissance

Le triathlon est devenu sport olympique  en 2000 à Sydney. C'est une version « courte distance » 1 500  mètres de natation, 40 kilomètres à vélo puis 10 kilomètres de course à pied qui est choisie comme support de la course olympique. Cet enchaînement 1500/40/10 est depuis appelé « DO » (Distance Olympique) en lieu et place du toujours très usité diminutif « CD » (courte Distance). En 2013 l’appellation de cette distance est devenue : distance « M ». Sur cette compétition le drafting ou « aspiration-abri » est autorisé.

Nice 1982 , première en France 

Devant le succès événementiel des premières épreuves d'Hawaï de TRIATHLON, notre sport réalise une percée internationale et revient sur le vieux continent. Le rôle des médias dans ce déploiement est, bien sûr, lié au caractère exceptionnel de l'effort qui retient toute l'attention des journalistes sportifs.
Franchissant l'Atlantique, cette discipline amorce la conquête de l'Europe par la Tchécoslovaquie, à Plzen, le 30 août 1980. Tous les autres pays européens se mettent au diapason dès 1981 (Pays-Bas, RFA, RDA, Hongrie,…).
En France, tout commence quand l’International Management Group (IMG) dirigé par Mark MAC CORMACK décide d’organiser un triathlon à Monte-Carlo pour que la côte d’Azur soit à l’Europe ce qu’Hawaii est devenu pour les États-Unis. La mort de la Princesse GRÂCE voit l’évènement se déplacer du rocher sur la promenade.
Ils sont cinquante-sept, ce 20 novembre 1982, au départ du 1er Triathlon de Nice. Seul dix azuréens (neuf hommes et une femme : Majo BOUTELEUX) relèvent le défi anglo-saxon, dont Georges DAUDU : « Pourquoi ? Pour prouver que les américains ne sont pas les seuls à pouvoir réaliser une pareille performance ».
L’eau est à 14°C en cette fin d’année. Á l’issue des 1.500 mètres de natation l’anglais FLAGERTY sort le premier de l’eau. Il est rapidement dépassé en vélo par le hollandais Axel KOENDERS qui fait durer le suspense pendant les 100 kilomètres du parcours. Le marathon a raison de ses forces. Mark ALLEN le passe, puis Scott MOLINA, Scott TINLEY, Jeff TINLEY (le frère) et encore quelques autres. Le premier européen est un hollandais, Jim KOSTER, qui termine 7ème. Le premier français, Jean-Paul THEULIN, termine 15ème (8h14’12’’). Majo BOUTELEUX, la première triathlète française, termine la course en 10h41’37’’.

    Podium Individuel Homme        Podium Individuel Femme
1    Mark ALLEN    6:33:52           L BROOKS    7:40:44
2    Scott MOLINA  6:41:50           J DAHKLOETTER    
3    Scott TINLEY   6:45:50          S EDWARDS    8:06:50

Il y a dix-sept abandons… et sept transports à l’hôpital !

Le lendemain dans Nice Matin on peut lire : « L’entrepreneur Mac CORMACK et sa troupe de bateleurs ont réussi un joli coup. Hier à Hawaii, aujourd’hui à Nice. Venez voir les increvables… Mais ce défi à l’endurance, qu’a-t-il prouvé ? Rien. Sinon qu’on pouvait le faire et c’est tout !… Comment situer cette journée grimaçante de souffrances dans un contexte sportif ? Et puis, sont-ce réellement des sportifs ? Ou des bêtes à courir, à pédaler, à nager ? »
Peu de français échappent au reportage d’Antenne 2 diffusé le 11 décembre 1982 dans l’émission les Jeux du Stade. Des cinquante-deux minutes retransmises, Jacques BELIN (critique à Télérama) écrit : « C’est sans doute aussi un record de mauvais goût. » ou « Á trop vouloir prouver, on risque d’atteindre le contraire du but recherché ». En fait, il prédisait la limite de son analyse...

Embrunman

L'Embrunman, anciennement connu sous le nom d'Embrun Man, est un triathlon très longue distance (XXL) qui se court le 15 août autour d'Embrun dans les Hautes-Alpes (France). D'une distance totale de 232 kilomètres, les triathlètes doivent enchainer 3,8 km de natation, 186 km de vélo et un marathon (42 km de course à pied) avant de franchir la ligne d'arrivée. L'épreuve, par les dénivelés qu'elle propose, tant dans sa partie cyclisme (3 600 m) que course à pied (440 m), est réputée pour être une des plus dures au monde. Depuis sa création en 1984 l'Embrunman est après l'Ironman France (Nice) le plus ancien triathlon international XXL de France. Organisé par l'association à but non lucratif « Embrunman Organisation » en partenariat avec la ville d'Embrun et la Fédération française de triathlon (FFTri), il attire chaque année de nombreux triathlètes professionnels et amateurs, nationaux et internationaux.

Un bon nombre de triathlètes choletais sont déjà passés sous la mythique petite arche blanche d'arrivée . 

A noter la 22ème place en 11h21' de Jean Charles Godet en 2009 ainsi que les 4 participations de Laurent Rotureau  ...

VIDéo Cholet tri Embruman 2014 

ironman

1978-1980 : les premiers triathlons Ironman

Le premier triathlon Ironman est disputé à Honolulu en février 1978. Un document de trois pages détaillant les règles et le circuit complet est remis à chaque concurrent, une mention manuscrite sur la dernière page résume l'épreuve ainsi : « Nagez 2,4 miles ! Roulez 112 miles ! Courez 26,2 miles ! Vantez-vous pour le reste de votre vie ! » (« Swim 2.4 miles! Bike 112 miles! Run 26.2 miles! then brag for the rest of your life! »). S'adressant à un coureur local, Collins ajouta :
« Celui qui finit premier, nous l'appellerons l'homme de fer (« Whoever finishes first, we'll call him the Iron Man »). »
Douze des quinze hommes engagés dans l'épreuve au petit matin du 18 février 1978 achèvent la course. Le premier « Ironman » du monde, Gordon Haller, l'accomplit en 11 h 46 min 58 s. Tous les concurrents qui terminent l'épreuve, les finishers, reçoivent un trophée soudé et dessiné par John Collins lui-même : une figurine en fer avec un trou bien approprié dans la tête.
La notoriété grandissante de l'épreuve attire une cinquantaine de candidats pour l'édition de 1979. En raison des mauvaises conditions climatiques, son départ est reporté d'un jour et seuls quinze concurrents se présentent finalement sur la ligne. Tom Warren de San Diego, 35 ans, gagne en 11 h 15 min 56 s. La première « Ironwoman », Lyn Lemaire, championne cycliste de Boston, se classe cinquième sur quinze, avec un temps de 12 h 55 min 38 s.

Afin d’attirer plus de participants, John Collins envisage de modifier l'épreuve, en créant un relais, mais la publication d'un article lui fait renoncer à ce projet. C'est Barry McDermott, rédacteur de Sports Illustrated et son photographe Peter Read Miller, présents sur l’île pour couvrir un tournoi de golf, qui découvrent la course et en réalisent un reportage de dix pages. Au lendemain de cette publication, John Collins reçoit des centaines de demandes d'inscription pour sa compétition. Les fondateurs John et Judy Collins donnent alors à la chaîne de télé ABC la permission de filmer l’événement pour son émission Wide World of Sports. Ils avertissent les responsables d’ABC que « regarder la course est aussi excitant que de regarder une pelouse pousser ». Le reportage, qui va alors accentuer les effets dramatiques, fait découvrir l’Ironman au monde entier. Cent six hommes et deux femmes participent à la course. Elle est remportée en 9 h 24 min 33 s par Dave Scott, 26 ans, professeur de natation à Davis, Californie. Robin Beck gagne le trophée féminin en 11 h 21 min 24 s et se classe 12e au classement général « scratch ».
Fin 1980, le triathlon Ironman fait des émules et depuis, d’autres triathlons de longueurs différentes sont organisés dans le monde. Alors qu'il est muté à Washington par la Navy, le commandant Collins cède l'organisation de l’événement au club de sport local, le Nautilus Fitness Club.
L'histoire de la naissance de l'événement retient aussi la formule qu'il affectionne pour motiver chaque participant et le placer face au défi que représente l'épreuve :

« Vous pouvez abandonner si vous voulez, personne ne s'en souciera. Mais vous le saurez pour le reste de votre vie. »

1981-1989 : l'Ironman d'Hawaï

Valérie Silk, responsable de la supervision de la course au sein du club, décide de déplacer l’Ironman des tranquilles rivages de Waikiki au gisement stérile de lave de Kona sur la Big Island d’Hawaï. John Howard, cycliste olympique, gagne la première course sur Big Island en 9 h 38 min 29 s chez les hommes. Linda Sweeney, une des vingt compétitrices, gagne en 12 h 0 min 32 s chez les femmes. Walt Stack (73 ans), le plus âgé des triathlètes engagés, termine dernier en 26 h 20 min 0 s, le temps le plus lent de toute l’histoire des Ironmans.
En octobre 1982, les organisateurs décident de déplacer l'épreuve de février à octobre afin d’offrir de meilleures conditions d'acclimatation et de course aux athlètes venant de climats plus froids. Deux Ironmans ont donc lieu cette année-là (un en février, un autre en octobre). Un temps limite est de plus imposé. Les athlètes doivent accomplir les 226,27 km du parcours en moins de dix-huit heures et trente minutes. L’organisation fait également coïncider le jour de la course avec une nuit de pleine lune afin de procurer une meilleure assistance aux coureurs à la nuit tombée.
Après le départ des Collins et les premières retransmissions télévisées, l’Ironman prend de la consistance et se révèle au monde entier d’une manière assez inattendue, mais dont des millions de téléspectateurs se souviennent. En février 1982, Julie Moss, alors étudiante et courant afin de recueillir des impressions pour sa thèse de physiologieN , se trouve en tête de la course féminine, en dépit d’une sévère fatigue et d’une déshydratation avancée. Dans les derniers mètres de la course, elle chancelle et s'effondre en vue de la ligne d’arrivée. Elle se fait doubler par Kathleen McCartney qui remporte le titre féminin. Julie Moss rampe pourtant vers la ligne qu'elle franchit à quatre pattes. Le titre lui échappe, mais elle inscrit ainsi un des moments les plus emblématiques de l'histoire de l'ironman, qui a contribué à forger sa devise : « Tout est possible » (« Anything is possible »).
En 1983, pour la première fois, un système de qualification impose désormais un nombre limité de coureurs. Le premier Ironman organisé aux États-Unis et qualificatif pour l'épreuve reine est le « Ricoh Ironman U.S. Championship », qui se déroule à Los Angeles en mai. Les meilleurs athlètes de chaque tranche d'âge masculine ou féminine sont sélectionnés pour l'Ironman de Kona (Hawaï) en octobre.
En 1985 Scott Tinley, novateur en étant le premier à utiliser un « guidon de triathlète » sur son vélo, remporte le trophée en établissant un nouveau record de la course en 8 h 50 min 54 s. Mais de 1980 à 1987, c'est l'Américain Dave Scott, surnommé « l'Homme » (« the Man »), qui étend son emprise sur la compétition en remportant six titres en huit participations, établissant le premier record de victoires masculines sur l'épreuve. Débutent aussi les deux premières courses de qualification internationale : le « Double Brown Ironman » à Auckland en Nouvelle-Zélande qui a lieu le 24 mars et le « Yanmar Ironman Japan » au lac Biwa au Japon qui a lieu le 30 juin.
1986 et 1988 voient les premières éditions de deux nouvelles épreuves qualificatives pour l'Ironman d'Hawaï : l’Ironman Canada, organisé à Penticton en Colombie-Britannique, et l’Ironman Europe à Roth, dans l’ouest de l’Allemagne.

1990 : le championnat du monde d'Ironman et l'internationalisation

En 1990, le Dr James P. Gills, triathlète vétéran, rachète la Hawaï Triathlon Corporation à Valérie Silk et crée la World Triathlon Corporation (WTC). Cette société commerciale formalise et développe le championnat du monde d'Ironman et promeut la marque Ironman. Elle organise un circuit officiel et international de qualifications s'appuyant sur une vigoureuse politique commerciale et médiatique. Le format sportif de l'Ironman ne change pas et celui de Kona sur l'archipel d'Hawaï, qui porte désormais le nom officiel de « championnat du monde d'Ironmnan Kailua-Kona » (Ironman World Championship Kailua-Kona)27, continue de servir de support au « championnat du monde ». Compétition finale du circuit, il est considéré comme le plus important et l'un des plus prestigieux triathlons du monde.
Ces années sont aussi marquées par la domination américaine sur la compétition. Le triathlète Mark Allen, surnommé « La Poigne » (« The Grip »), égale le record de victoires masculines de Dave Scott. Il établit aussi le plus grand nombre de victoires consécutives sur la compétition. Mais c'est la triathlète zimbabwéenne naturalisée américaine Paula Newby-Fraser, surnommée « la Reine de Kona » (« the Queen of Kona »), qui établit avec huit victoires le record absolu du championnat du monde d'Ironman. Elle détient également avec vingt-trois victoires le record du plus grand nombre de victoires sur distance Ironman.
L'australien Greg Welch, surnommé « le clown fou » (« the wild joker »), met un terme à la domination américaine chez les hommes en battant Dave Scott et Mark Allen en 1994. Il devient le premier triathlète non américain à remporter le championnat du monde. Heather Fuhr, triathlète canadienne, fait de même en battant son amie et partenaire d'entrainement de longue date Paula Newby-Frazer en 1997.
 Les premiers vainqueurs européens apparaissent en 1996 pour les hommes et 1998 pour les femmes et mettent fin à la suprématie américaine. Luc Van Lierde, jeune Belge de 27 ans et nouveau venu sur l'Ironman, est le premier européen à gagner la course et améliore le record détenu par Mark Allen de plus de trois minutes, en 8 h 4 min 8 s30. Il remporte deux fois le trophée en trois participations. La Suissesse Natascha Badmann, surnommée « Mademoiselle Suisse » (Miss Swiss), devient, à 31 ans, la première européenne à remporter le titre en 9 h 24 min 16 s31. Elle le gagne six fois en huit participations et maintient son emprise sur la compétition féminine jusqu'en 2005.
En 1998, l’Ironman Triathlon World Championship célèbre son 20e anniversaire. Sept des quinze athlètes ayant participé à la première édition sont présents, et six s’alignent au départ. Parmi eux se trouve le premier vainqueur Gordon Haller qui termine en 14 h 27 min 1 s et le fondateur de la course, John Collins qui passe la ligne d’arrivée en 16 h 30 min 2 s32.
De 2005 à 2011, Chrissie Wellington, triathlète britannique, marque l'histoire du championnat du monde en gagnant quatre fois la compétition en quatre participations. Elle bat en 2009 le record détenu par Paula Newby-Fraser depuis 1992 en 8 h 54 min 2 s et elle établit en 2011, sur le Challenge de Roth en Allemagne, le record sur distance Ironman en 8 h 18 min 13 s.
Après trois années de domination allemande chez les hommes, l'Australie prend la suite à partir de 2007 grâce à Chris McCormack et surtout à Craig Alexander qui remporte la course trois fois et établit en 2011 un nouveau record en 8 h 3 min 56 s. Pourtant, cette même année, l'Allemand Andreas Raelert établit au Challenge de Roth le record absolu sur la distance Ironman en 7 h 41 min 33 s. En 2013 le belge Frederik Van Lierde met un terme à six années de domination australienne en remportant le championnat du monde, après s’être qualifié en remportant la même année et pour la troisième fois consécutive, l'Ironman France. Il cède son titre en 2014 à l'allemand Sebastian Kienle qui l'emporte devant l'américain Ben Hoffman et son compatriote Jan Frodeno. Ce dernier construit sa victoire sur la deuxième partie du parcours vélo, accentuant son avance malgré un fort vent de face, pour entamer le marathon avec une minute trente d'avance sur son premier poursuivant.
Après avoir établi lors de sa victoire sur l’édition 2013 un nouveau record féminin en 8 h 52 min 14 s35, la triathlète australienne Mirinda Carfrae, surnommée « Rinny », remporte son troisième titre de championne du monde en 2014, s'imposant devant la suissesse Daniela Ryf qui participe à cette compétition pour la première fois. Malgré un retard de près de quatorze minutes sur les premières triathlètes à la sortie de l’épreuve vélo, elle entame une des plus grandes remontées de l'histoire de la compétition pour prendre au trente-sixième kilomètre du marathon la tête de la course, qu'elle conserve jusqu'à l'arrivée.

2014 : tensions avec l'ITU, nouvelles règles et concurrences
Début 2014, les relations entre la Fédération internationale de triathlon (ITU) et la World Triathlon Corporation (WTC) se sont fortement dégradées. L'ITU ne reconnait pas complètement les règles anti-dopage proposées par l'AMA (Agence mondiale antidopage) auxquelles adhère la WTC pour les Ironmans. Elle reproche également à la WTC d'organiser des compétitions et des championnats sur des distances qui sont habituellement dévolues à l'ITU et aux fédérations nationales, selon des règles d'arbitrage et de sécurité qu'elle n'approuve pas. Ce sont les séries 70.3 (équivalente des distances L et XL) et 5150 (équivalente de la distance M), soit celle de l'épreuve olympique. Pour ces raisons, l'ITU, lors de son congrès du 19 mai 2014, a retiré son agrément aux compétitions organisées par la World Triathlon Corporation. Dès juin 2014 et dans le but d'harmoniser les règles qui régissent leur pratique, l'ITU et la WTC ont entamé une série de rencontres pour élaborer des standards susceptibles d'être agréés en 2015. En février 2015 la direction de la WTC annonce la normalisation de ses règles de course avec celles de l'ITU qui s'appliquent désormais dans l’ensemble des compétitions qu'elle organise dans le monde.
De sa création à l’édition 2013, un départ massif (mass start), moment d'intense tension pour les triathlètes, s'ajoute à la difficulté de la première épreuve. Mais du fait de l'augmentation tant quantitative que qualitative des triathlètes qualifiés pour le championnat du monde, la WTC décide de mettre en œuvre pour l'édition 2014 une nouvelle règle : un départ par vagues. Ceci permet de réduire le nombre de triathlètes sortant simultanément de l'eau qui rend plus difficile l'application de la règle d’interdiction d'« aspiration-abri » (drafting), créant également des problèmes de sécurité. Elles sont au nombre de quatre, espacées de cinq minutes pour les professionnels et de dix pour les classes d'âge. L'édition 2014 voit donc, pour la première fois de son histoire, un départ différencié des compétiteurs. Les élites masculines démarrent la course à 6 h 25, les élites féminines à 6 h 30, puis des classes d'âges hommes à 6 h 50 et femmes à 7 h40.

En 2014, la marque européenne Challenge Family s'est associée avec la marque américaine Révolution 3 (Rev3) créée en 2009, afin d'augmenter la pression concurrentielle sur la marque Ironman, par l’organisation et la structuration d'un circuit de compétitions américaines et internationales sur toutes distances.

Le circuit de qualification professionnel 2014/2015 pour le championnat du monde compte neuf compétitions en moins. Ces compétitions Ironmans continuent d’être organisées mais n'offrent ni prime, ni point de qualification pour les professionnels au Kona Point Ranking. Les primes sont réparties sur les autres compétitions. En 2015, pour l’ensemble de ses courses qualificatives, la dotation de la World Triathlon Corporation s'élève à 5,1 millions de dollars.
Organisation de la compétition moderne
La participation à la finale de ce championnat exige une qualification préalable. En 2015 quarante compétitions, ouvertes aux professionnels et aux amateurs, sont organisées à cette fin. Trente seulement offrent des points et des primes aux professionnels mais toutes procurent des places qualificatives (slot) aux amateurs. Plus de 80 000 triathlètes tentent chaque année de se qualifier pour le « Championnat du monde Ironman » mais 1 850 seulement sont admis au départ de la course.
Épreuves de qualification
Pour les sportifs professionnels, il est établi un classement aux points (KPR – Kona Points Ranking) attribués proportionnellement aux performances réalisées sur les différentes courses Ironman de l'année de qualification, celle-ci s’étend du 1er septembre au 31 août. Les cinquante premiers triathlètes professionnels du KPR masculin et les trente-cinq premières du KPR féminin participent à la course.
Pour les sportifs amateurs, les qualifications, par catégories d'âge définies par tranche de cinq ans, sont quantifiées (slots) proportionnellement au nombre de coureurs de chaque groupe d'âge présents au départ de chacune des courses.
Il est également possible de se qualifier grâce à une loterie ou en achetant sa qualification lors d'enchères annuelles destinées à des œuvres.
Le champion du monde Ironman en titre se voit offrir la possibilité d'être inscrit directement pour la course de Kailua-Kona lors des cinq éditions suivantes, sous réserve qu'il ait terminé une course qualificative durant l'année (sans pour autant avoir d'impératif en termes de classement final durant cette course). Les vainqueurs des triathlons comptant pour les championnats continentaux sont qualifiés directement pour le championnat du monde : championnat d'Asie-Pacifique à Melbourne (Ironman Victoria), championnat d'Afrique à Nelson Mandela Bay (Ironman South Africa), championnat d'Amérique du Nord aux Woodlands (Ironman Texas), championnat d'Amérique latine à Florianópolis (Ironman Florianopolis Island) et championnat d'Europe à Francfort (Ironman Frankfurt).
En 2015, trente courses qualificatives « Triathlon Ironman » pour les professionnels sont organisées à travers le monde

Challenge Roth

Le Challenge Roth officiellement depuis 2013, DATEV Challenge Roth est le nom d'une compétition de triathlon de format XXL, qui à lieu en Bavière dans la ville allemande de Roth. Cette compétition prend la suite de l'une des premières compétitions sur distance Ironman qualificative pour l'Ironman World Championship de Kona à Hawaï organisée en Europe sous le nom d'Ironman Europe Roth jusqu'en 2001. Elle fait désormais partie de la série World Challenge organisée par la société privée Team Challenge. Le Challenge Roth n'est plus qualificatif pour le championnat du monde d'Ironman mais reste par son histoire et son taux de participation un des principaux événements de triathlon en Europe. En plus de la course sur distance Ironman, cet événement sportif sert de support aux championnats d'Allemagne et d'Europe longue distance organisés par la Fédération allemande (DTU) et la Fédération européenne de triathlon (ETU).

(Meilleure performance choletaise à Roth : J-C Godet : 9h02'30" ( 59'/4h44'/3h13') ... )